samedi 11 février 2012

Here comes the bride

Ce matin, à l'hotel où je travaille, il y avait un mariage.
En fait, il y avait le tourbillon et l'effervescence d'un mariage qui se prépare.
Je suis au premier étage.
En bas, tout le monde s'affaire. La patronne veille à ce que les clients ne détruise pas son bâtiment, les invités arrivent un à un, les bras chargés de costumes et de chapeaux, les serveuses sortent déjà les coupes pour le vin d'honneur.
En haut, au deuxième étage, il y a la mariée. Je ne le sais pas, mais je devine que dans sa chambre aussi ça bouillonne. Il y a sa mère, tout de rose vêtue avec un chapeau en raphia, sa " témouine ", avec une robe " papier de chocolat " et la photographe. Et la mariée. Tout le monde tremblotte.
La mariée porte des tongs roses en tissu qu'elle avait prévues pour faciliter la pédicure, elle se maquille avec sa témouine, sa maman l'aide à poser une broche dans ses cheveux.
La photographe flash ce moment entre fille, " avant la tempête "
Sur la table basse, une bouteille de champagne est déjà vide.
Je suis au premier étage.
J'adore les mariages, j'adore ce qu'ils dégagent. C'est comme si les gens étaient soudain heureux du bonheur des autres, comme si l'aura des mariés les égaillaient pour la journée.
Maintenant les gens au rez de chaussée attendent la mariée. La voiture est devant la porte, le chauffeur attend.
Moi, au premier étage je suis toute penaude. J'ai arrêté de travailler depuis un quart d'heure et je suis comme hypnotisée par l'escalier. J'attends la mariée.
Je pense au fait que le garçon-qui-m'a-demandé-en-mariage et moi, on va se marier aussi. Mais pas tout de suite. Je me demande comment je serai ce jour là, moi qui ne suis pas stressée en générale, pas romantique et pas vraiment protocolaire. Et pourtant les mariages m'émeuvent toujours aux larmes.
La témouine descend la première, elle serre fort son bouquet, le stress de la mariée est contagieux.
La mère de la mariée ensuite, ses sandales roses à la main, elle descend en me disant " je sais qu'on va perdre les clés, est ce que vous avez des doubles ? "
Puis la mariée. On voit seulement la moitié d'elle lorsqu'elle chuchote " il n'y a personne, je peux venir ? " Je ne peux même pas répondre car elle a commencé à descendre. D'où je suis, je la vois trembler. Je n'ai jamais vu personne descendre des escaliers aussi doucement, avec autant d'application et de conscience. Sa robe en dentelle semble lourde, elle fait attention de ne pas l’accrocher dans le virage de l'escalier. Ma collègue lui dit qu'elle est belle, que tout ira bien et lui souhaite bonne chance. Elle saisit sa traine et l'accompagne dans les escaliers pour l'aider. La mariée sourit et lui dit seulement " je suis nerveuse, mon Dieu, qu'est ce que je suis nerveuse "
Lorsqu'elle disparait dans le virage menant au rez de chaussée, il y a un flash.
Elle a fait ma journée, je n'ai cessé de penser à elle et à sa longue et émouvante descente de marche.
En montant l'escalier jusqu'à sa chambre, je m'attendais à ce qu'elle ait semé des paillettes.

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